Yaël Naim à Nancy
Une soirée intimiste à la salle Poirel
Le jeudi 8 octobre, direction la salle Poirel pour une nouvelle soirée du Nancy Jazz Pulsations. À l’affiche, Meryem Aboulouafa en première partie, suivie de Yaël Naim. Deux artistes aux univers différents, mais qui partagent une qualité appréciable : une chaleur communicative qui donne envie de se laisser porter par la musique.
Il faut dire que la salle Poirel se prête particulièrement bien à ce genre de rendez-vous. Son atmosphère feutrée et son cadre intimiste invitent à prendre le temps d’écouter. Ici, pas besoin d’en faire trop pour capter l’attention. Les voix, les instruments et la personnalité des artistes suffisent à installer une ambiance.
Et pour cette soirée, le public n’allait pas être déçu.
Meryem Aboulouafa, une première partie pleine de personnalité
C’est Meryem Aboulouafa qui ouvre la soirée. Originaire de Casablanca, la chanteuse marocaine développe un univers singulier, entre pop, rock et influences traditionnelles. Sa musique joue sur les contrastes et laisse une place importante aux émotions.
Une première partie qui permet de découvrir une artiste à l’identité bien affirmée. Dans l’ambiance intimiste de Poirel, sa proposition musicale trouve naturellement sa place et donne le ton de la soirée.
J’aime aussi ces moments où l’on découvre un artiste sans forcément connaître son répertoire. On se laisse guider par la voix, les sonorités et ce qui se dégage de la scène. C’est l’un des plaisirs du concert : se laisser surprendre et repartir avec une nouvelle découverte en tête.
Yaël Naim, entre voix et claviers
Puis vient le moment de retrouver Yaël Naim. Pour beaucoup, son nom reste associé à New Soul, le titre qui l’a révélée au grand public. Mais la chanteuse a depuis tracé un parcours bien plus large, en développant un univers musical personnel, entre pop, soul et sonorités électroniques.
Sur scène, elle n’est pas seule. Elle est accompagnée d’un groupe, avec notamment une batterie et un clavier, tandis qu’elle assure elle-même le chant et joue également du clavier. Une configuration qui donne à la musique une autre dimension : la voix reste au centre, mais elle s’inscrit dans un ensemble où les instruments viennent enrichir les arrangements.
Ce qui est intéressant, c’est justement cet équilibre entre les différentes composantes du groupe. Le clavier permet à Yaël Naim de participer directement à la construction musicale des morceaux, tandis que la batterie apporte son assise rythmique. La musique respire, évolue et trouve sa place dans cette salle qui se prête si bien aux nuances.
Avec son album Solaire, l’artiste poursuit son exploration sonore et confirme son envie de ne pas se laisser enfermer dans une seule formule. Son parcours ne se limite pas à un succès passé : il témoigne d’une recherche artistique qui continue d’évoluer.
Et puis, il y a sa présence. Yaël Naim dégage une chaleur naturelle, sans avoir besoin d’en rajouter. Dans l’atmosphère feutrée de Poirel, cette spontanéité contribue largement au plaisir de la soirée. On vient écouter des chansons, bien sûr, mais aussi partager un moment avec une artiste qui semble prendre plaisir à être là.
Yaël Naim Une artiste qui n’oublie pas son public
La soirée aurait pu s’arrêter aux derniers morceaux et aux applaudissements. Mais Yaël Naim avait encore un peu de temps à accorder aux spectateurs.
À la fin du concert, elle n’a pas hésité à venir à la rencontre de son public pour une séance de dédicaces. Un geste simple, mais qui fait plaisir et prolonge agréablement la soirée.
J’apprécie ces moments où l’artiste ne disparaît pas aussitôt les lumières rallumées. Après le partage musical vient celui de la rencontre, dans une ambiance plus détendue. Les spectateurs peuvent repartir avec une dédicace, mais aussi avec le souvenir d’une artiste qui a pris le temps de venir vers eux.
Cette attention correspond bien à l’impression générale laissée par le concert : une soirée chaleureuse, sans distance inutile, où la musique ne constitue pas le seul lien entre la scène et la salle.
Une belle parenthèse musicale pour le NJP
Avec Meryem Aboulouafa en ouverture et Yaël Naim accompagnée de ses musiciens, cette soirée du 8 octobre à la salle Poirel avait de quoi séduire les amateurs de découvertes et de musique sensible.
J’en retiens surtout l’atmosphère particulière du lieu, la chaleur communicative des deux artistes et le plaisir de retrouver Yaël Naim dans une formule collective où sa voix et ses claviers dialoguent avec la batterie et les autres sonorités du groupe.
Et puis, cette séance de dédicaces est venue ajouter une dernière touche à la soirée. Un petit supplément humain qui compte, parce qu’un concert ne se résume pas toujours aux morceaux joués sur scène.
Au final, une belle parenthèse dans la programmation du Nancy Jazz Pulsations. On était venus pour la musique, on repart avec le souvenir d’une soirée intimiste, généreuse et pleine de chaleur. Et c’est déjà beaucoup.
Article et photos : Bruno Dandeu
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