Ladislava, Release party
Un week-end musical entre douceur et électro à L’Autre Canal
À Nancy, Ladislava a proposé un format original sur deux jours. Pas simplement un concert, mais deux expériences distinctes, espacées d’une journée.
Entre un moment intergénérationnel accessible dès 6 ans et une release party beaucoup plus électrique, le groupe a montré deux visages. Cette alternance donne une lecture assez complète de leur univers.
Ladislava : un concert intergénérationnel réussi
Le premier rendez-vous était présenté comme un voyage intergénérationnel. Sur le papier, l’intitulé peut sembler un peu figé, mais dans les faits, l’expérience s’est révélée trés vivante.
Dans la salle, le public mélangeait enfants, parents et parfois grands-parents. L’écoute n’était pas uniforme, chacun réagissant à sa manière. Certains se laissaient porter par les rythmes, d’autres par les textures sonores ou les voix.
Ladislava développe ici une approche accessible, sans simplifier son identité musicale. Les influences d’Europe de l’Est sont bien présentes, les chants conservent leur intensité, mais l’ensemble reste ouvert à tous les publics.
Ce qui ressortait surtout, était l’absence de distance. Le concert ne se regardait pas il se partageait. Ce n’est pas une démonstration, mais un moment collectif, presque suspendu.
Une release party électro pour présenter l’album Roussalka
Le lendemain, changement de décor. Toujours à L’Autre Canal, mais avec une énergie totalement différente.
La release party de l’album Roussalka se déroulait en configuration debout, dans une ambiance proche du club. Dès le début, le ton fut donné.
La soirée s’articulait en plusieurs temps. Et dès l’ouverture, Exotica Lunatica imposa une identité forte. Le duo développe un univers singulier, à la frontière du concert, de la performance et du rituel scénique.
Sur scène, l’ambiance oscillait entre rêve éveillé et cérémonie païenne. Les voix se répondaient parfois douces, parfois incantatoires. Les percussions, les textures électroniques et certains accents venus d’ailleurs composant un décor sonore mouvant, presque cinématographique.
Puis Ladislava prit possession de la scène et changea encore la température de la salle. Là où la première partie installait un climat, le groupe principal fit monter l’intensité.
Dès les premiers morceaux, Ladislava déploya un univers dense, traversé par les musiques d’Europe de l’Est, les rythmes électroniques et une énergie scénique très directe. Les voix gardait cette force presque narrative, comme si chaque titre racontait quelque chose, même sans avoir besoin d’être traduit.
La scène devint rapidement un espace de mouvement. Les basses frappaient, les mélodies accrochaient, les montées rythmiques embarquaient le public sans trop lui laisser le choix. Du coup, la fosse se transforma vite en piste de danse.
Ce qui marquait également, c’était la capacité du groupe à naviguer entre plusieurs registres. Par moments, l’ambiance devint festive et solaire. Quelques minutes plus tard, elle pouvait se faire plus sombre, plus hypnotique, voire tribale. Ladislava sait jouer avec les contrastes en maintenant une tension constante.
Visuellement, le charisme du groupe renforçait cette impression de voyage. Les regards, les déplacements, la manière d’habiter chaque morceau donnaient à l’ensemble une vraie cohérence scénique. On sent un projet pensé pour le live, pas simplement la reproduction d’un album sur scène.
Le public suivit pleinement. Certains dansaient librement, d’autres observaient avant de se laisser gagner par l’ambiance électisante. Même les plus réservés finirent par battre la mesure, bouger les épaules ou balancer leur corps.
En fin de soirée, DJ Balkaliente a pris le relais dans la salle du bar de L’Autre Canal. Il a ambiancé les lieux avec un set généreux et rythmé, prolongeant l’énergie de la soirée jusque tard. Les danseurs et danseuses présents se sont clairement régalés, transformant cet after en dernier chapitre festif.
Ladislava à Nancy : une double proposition cohérente
Ce qui ressort de ces deux dates à L’Autre Canal, c’est une cohérence dans la démarche.
Les formats sont différents, mais l’intention reste la même. Il s’agit de créer du lien, de faire circuler les émotions et de toucher des publics variés.
Le premier jour privilégia une approche douce et inclusive. Le second proposa une immersion plus intense et plus physique. L’ensemble forma ainsi une proposition complète, sans redondance.
Finalement, ces deux concerts permirent de découvrir Ladislava sous des angles complémentaires. Le groupe ne se contente pas d’adapter son répertoire, il adapte aussi la manière de le partager.
Entre un premier temps plus calme, presque introspectif, et une seconde soirée beaucoup plus ardente, l’ensemble dessina une trajectoire tés harmonieuse. Même aprés un jour d’écart, on avait l’impression de suivre une continuité plutôt qu’une simple succession de concerts.
Ce qui reste après coup, ce n’est pas seulement la musique. C’est cette sensation d’avoir vécu deux moments différents, avec des publics différents, mais réunis autour de la même proposition artistique.
Une façon, de rappeler qu’un concert, ça peut être plusieurs expériences à la fois.
Article et photos: Dandeu Bruno et Apolline Marie
Les photos sont sur notre page Facebbok: Live&shoot
Retrouvez les groupes:
Exotica Lunatica
Ladislava
Dj Balkaliente
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