Red Festival 2026 : à Avin, la musique se vit autrement
Les vendredi 7 et samedi 8 août, l’ancienne pépinière d’Avin, à Hannut, a une nouvelle fois changé de visage. Le temps de deux soirées, ses serres et ses espaces verts se sont transformés en un véritable écrin musical à l’occasion de la quatrième édition du Red Festival.
À l’origine de cette aventure, le traiteur Quentin Stenuit et son équipe ont une nouvelle fois mis les petits plats dans les grands. Mais ici, pas question de reproduire les codes des énormes festivals. Le Red Festival cultive une identité différente, plus familiale, plus humaine et surtout plus conviviale.
Dès l’entrée, le ton est donné. Sur la gauche, un espace relax permet aux festivaliers de prendre le temps de s’installer, de discuter entre amis ou simplement de profiter de l’ambiance avant les premiers concerts. Un peu plus loin, le photobooth et le bar à paillettes invitent chacun à ajouter sa petite touche de fantaisie à la soirée.
Et pour ceux qui ont un petit creux, impossible de repartir déçu. Burgers, pâtes, pizzas, glaces, crêpes ou encore poke bowls : il y en avait pour tous les goûts. Le tout était préparé et servi par les équipes du traiteur Red Dingue, également aux commandes de l’organisation gastronomique du festival.
Puis vient la scène. Une seule, volontairement, afin que chacun puisse profiter pleinement des artistes. Même l’espace VIP a été pensé dans cet esprit : installé juste à côté du public, légèrement en hauteur, il permet de profiter des concerts sans être coupé de l’ambiance générale.
C’est sans doute là que réside l’une des forces du Red Festival : on peut être VIP sans jamais être vraiment éloigné des autres festivaliers.
Une affiche ambitieuse, mais une ambiance à taille humaine
Au fil des éditions, le Red Festival poursuit son développement et confirme son envie de proposer une programmation capable de séduire un public large. Artistes belges, talents émergents et têtes d’affiche se sont succédé durant ces deux journées, avec une volonté affichée de conserver cette atmosphère familiale et accessible qui fait l’identité du rendez-vous hannutois.
Grandgeorge ouvre le bal
Vendredi, c’est Grandgeorge qui a donné le coup d’envoi musical du festival.
Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’artiste n’est pas passé inaperçu, notamment avec son changement de look qui lui va plutôt bien.
Musicalement, Grandgeorge reste fidèle à une pop élégante et mélodique, teintée d’influences britanniques. Depuis So Fine, il s’est construit un univers à la fois raffiné et accessible, porté par des mélodies accrocheuses et des textes qui savent rester légers tout en abordant des émotions plus profondes.
Avec son album A Place We Can Meet, sorti en 2025, l’artiste poursuit cette exploration autour du partage, de la rencontre et des relations humaines.
Sur scène, que ce soit avec une formation complète ou simplement accompagné de sa guitare, Grandgeorge privilégie l’authenticité. Le public a ainsi pu découvrir plusieurs titres de son dernier album, mais aussi retrouver certaines chansons plus anciennes, dont l’incontournable So Fine.
Et comme souvent lorsqu’un artiste se sent bien sur scène, quelques petites touches d’humour viennent naturellement s’immiscer entre les chansons. Sur Il fait beau, Grandgeorge n’a d’ailleurs pas hésité à évoquer ses plantations récentes et… le manque de pluie dans son jardin. Une petite anecdote qui a forcément trouvé un écho auprès du public belge.
Kemmler, l’émotion à fleur de peau
Changement d’ambiance avec Kemmler.
Le rappeur a proposé un univers beaucoup plus introspectif, mêlant mélancolie, poésie et émotions brutes. Son écriture explore des thèmes profondément humains comme le deuil, l’amour, la paternité ou encore la reconstruction.
Devenu indépendant, Kemmler revendique aujourd’hui une liberté artistique totale. Une indépendance qui lui permet de transformer ses expériences et ses émotions en morceaux particulièrement personnels.
Sur scène, cette sincérité se ressent. Pas besoin d’en faire trop : les mots suffisent.
Les amateurs pourront d’ailleurs retrouver Kemmler le 9 avril 2027 à La Madeleine, à Bruxelles.
Olivia Stone, la douceur avant la tempête
La jeune Olivia Stone a ensuite apporté une touche plus douce et lumineuse à la soirée.
Sa pop, portée par une voix délicate, mise avant tout sur la sincérité. Mélodies aériennes, textes intimes et présence chaleureuse : l’artiste appartient à cette nouvelle génération qui préfère raconter des histoires et partager des émotions plutôt que de multiplier les artifices.
Sur scène, elle crée une véritable proximité avec le public, alternant douceur et intensité.
Olivia Stone sera de retour à Bruxelles le 18 mars 2027 au Cirque Royal.
Boulevard des Airs fait chanter Avin
Puis est venu le moment attendu par une grande partie du public : Boulevard des Airs.
Le groupe français, devenu une valeur sûre de la scène francophone, a rapidement transformé le site d’Avin en véritable terrain de jeu.
Avec son mélange de pop, de folk et de chanson française, Boulevard des Airs possède cette capacité rare à réunir différentes générations autour de refrains que beaucoup connaissent déjà.
Emmène-moi, Je me dis que toi aussi, Bruxelles, Allez reste ou encore Cielo ciego ont notamment marqué le parcours du groupe.
Deux nominations aux Victoires de la musique pour l’album Je me dis que toi aussi, des passages dans les Zéniths et les plus grands festivals français : Boulevard des Airs a depuis longtemps démontré son amour de la scène.
À Avin, le public le lui a bien rendu.
La soirée s’est ensuite poursuivie avec Calumny, venu apporter une touche électro pour clôturer cette première journée.
Samedi : une deuxième soirée encore plus électrique
Le lendemain, le Red Festival a remis le couvert avec une programmation tout aussi éclectique.
Le public a d’abord découvert ou retrouvé Winter Woods et Aucklane, avant de monter progressivement en puissance avec Ridsa. Puis Mustii a pris possession de la scène avant que The Magician ne soit chargé de refermer cette quatrième édition.
Winter Woods
Le groupe belge Winter Woods a ouvert cette deuxième journée.
Une présence qui prend une dimension particulière puisque le groupe s’apprête à faire ses adieux à la scène. Les dernières occasions de les voir sur scène seront donc particulièrement précieuses pour leurs fans, avec un ultime rendez-vous annoncé le 30 octobre 2026 au Delta, à Namur.
Aucklane, du rock à l’état brut
Avec Aucklane, l’ambiance s’est durcie.
Sa musique navigue entre rock intense, atmosphères cinématographiques et une certaine sensualité. Une voix brute, une présence magnétique et une énergie qui prend véritablement toute sa dimension en live.
Après Nightfall, l’artiste a confirmé son identité avec GOODGIRL/BADSEED, un premier album qui lui a permis de s’imposer parmi les révélations du rock belge.
À Avin, Aucklane a une nouvelle fois démontré que la scène reste son terrain de prédilection.
Ridsa fait monter la température
Puis les premières notes de Ridsa ont fait monter la température.
Avec ses influences latines et son univers entre pop urbaine et reggaeton, l’artiste a rapidement trouvé son public.
Là c’est die, Pardon, Santa Maria… Les tubes se sont enchaînés, dans une ambiance particulièrement festive.
Révélé sur YouTube il y a une quinzaine d’années, Ridsa a depuis accumulé les millions de vues et les écoutes sur les plateformes de streaming. Ses albums Tranquille, Libre ou encore Équateur ont confirmé son succès.
Mais au-delà des chiffres, Ridsa reste attaché à ce qui fait sa relation avec son public : la proximité et la sincérité. Derrière l’artiste se cache Maxence Boitez, un homme qui revendique son indépendance et une envie de rester proche de ceux qui le suivent depuis ses débuts.
Et visiblement, cette proximité fonctionne. Le public a répondu présent… parfois même avec un enthousiasme un peu débordant. Un festivalier a ainsi poussé l’audace jusqu’à lancer son smartphone sur scène. Une séquence pour le moins inattendue qui n’a pas manqué de faire réagir.
Mustii, un show à part
Puis est venu le tour de Mustii.
Difficile de rester indifférent face à un artiste qui considère la scène comme un véritable espace d’expression artistique.
Chanteur, auteur, comédien et performer, Mustii développe une pop sombre et élégante, largement nourrie par une dimension théâtrale.
Son univers est à la fois intense, travaillé et profondément visuel. Chaque morceau semble pensé comme une scène à part entière et chaque déplacement participe au spectacle.
À Avin, le public a découvert un show à la hauteur de cette réputation : intense, habité et particulièrement immersif.
The Magician pour finir en beauté
Pour terminer le festival, il fallait une artiste capable de faire danser tout le monde.
Le choix s’est porté sur The Magician, figure incontournable de la scène électro belge.
Disco, house, sonorités rétro… The Magician sait mélanger les influences pour créer cette fameuse atmosphère « feel-good » qui lui est propre.
Et pour la dernière soirée du Red Festival, la recette a fonctionné.
Un festival qui grandit sans perdre son âme
Après deux journées de musique, de rencontres, de découvertes et de fête, le Red Festival 2026 s’est donc refermé à Avin.
Quatre éditions seulement, mais déjà une vraie identité.
Le pari de Quentin Stenuit et de son équipe semble finalement assez simple : proposer une programmation digne des grands festivals tout en conservant une dimension humaine.
Ici, pas besoin de parcourir des kilomètres entre plusieurs scènes, de se perdre dans une foule immense ou de passer sa soirée à chercher un endroit où s’asseoir.
On vient pour la musique, évidemment. Mais aussi pour l’ambiance, les rencontres, les petits détails, les espaces aménagés avec soin et cette sensation agréable de participer à un événement qui reste à taille humaine.
Et c’est peut-être précisément cela qui fait aujourd’hui la force du Red Festival : grandir sans perdre son âme.
Photos par Sonia Chapelle à visionner sur la page Facebook du mag
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